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Bruit au travail

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En France, plus de trois millions de salariés sont exposés à des nuisances sonores. Souvent sources de lésions irréversibles, il est nécessaire de lutter contre les préjudices causés par le bruit.

De nombreuses activités agricoles présentent un environnement sonore élevé. Et pourtant, un peu d'attention portée au cadre de travail permettrait souvent de réduire significativement ces nuisances.

 

L'exposition prolongée au bruit en milieu du travail est responsable de surdités professionnelles irréversibles, reconnues comme maladies professionnelles. Cette surdité est progressive et insidieuse. Elle ne devient perceptible et gênante pour le salarié qu'après plusieurs années d'évolution. Elle concerne d'abord les sons aigus, puis s'étend progressivement aux autres fréquences.

 

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Le bruit en milieu de travail peut avoir d'autres effets néfastes, même quand le niveau ou la durée d'exposition ne sont pas suffisants pour entraîner une surdité. Il peut créer des difficultés de communication, accroître les risques d'accidents du travail, être source de fatigue, de stress, de troubles du sommeil...

 

En fait, un bruit, même de faible intensité, peut être gênant si la personne doit fournir des efforts importants de concentration, ou s'il est subi passivement. Par exemple, un bruit d'imprimante dans un bureau silencieux peut être mal toléré, provoquant de la fatigue et diminuant les capacités de concentration et l'efficacité au travail.

 

La prévention des risques

 

La prévention des risques liés au bruit est prévue dans le Code du travail, avec notamment l'obligation de mesurer le niveau sonore.

 

La protection collective est le moyen le plus efficace. Elle doit être recherchée en premier, même si elle s'avère parfois difficile à mettre en œuvre techniquement.

 

Elle se traduit par :

  • une réduction du bruit à la source (machines plus silencieuses, écrans limitant la réverbération, encoffrement des machines bruyantes...),
  • un traitement acoustique du local avec des matériaux absorbants,
  • des mesures d'organisation du travail visant à réduire l'exposition de chacun.

Les protections individuelles ne devraient être qu'un complément à la protection collective. Or, trop souvent, elles constituent la seule prévention. Casque ou bouchons d'oreilles procurent une atténuation d'environ 20 dB(A) et doivent être portés durant toute l'exposition pour une efficacité optimale. Sinon, au fil du temps, la fatigue auditive entraîne une perte d'audition.

 

Pour réagir rapidement face à une diminution de ses facultés d'écoute, il est impératif de surveiller son audition. La perte auditive se mesure à l'aide d'un audiogramme, réalisé par le médecin du travail dans le cadre de la prévention des risques professionnels, ou par un spécialiste.

 

A noter : l'employeur est dans l'obligation de fournir gratuitement à ses salariés des équipements de protection individuelle (casque ou bouchons d'oreilles) lorsque l'exposition au bruit est supérieure à 80 dB(A). Le port de la protection est obligatoire lorsque l'exposition au bruit atteint 85 dB(A). Une autre valeur limite a été créée par la nouvelle directive bruit prenant effet au 1er février 2006 : l'exposition quotidienne. Elle tient compte de l'atténuation fournie par la protection auditive individuelle portée par le travailleur. Elle est fixée à 87 dB(A). Ces trois valeurs correspondent au niveau d'exposition sonore toléré à l'intérieur de l'oreille sous la protection auditive. Elles ne doivent pas être dépassées lorsque l'ensemble des mesures de protection auront été implantées.

 

 

L'oreille est un organe complexe. Les sons sont transmis au cerveau par les cellules ciliées de la cochlée (oreille interne), qui transforment les vibrations mécaniques provenant du tympan en signaux électriques, stimulant le nerf auditif. Sur la cochlée comme sur un clavier de piano, à chaque endroit correspond un son différent. Chez certains sourds totaux, tous les cils sont lésés, et ne transmettent plus aucune information.

 

L'excès de bruit fait courir le risque de séquelles définitives : surdité (ou hypoacousie), acouphènes ou encore hyperacousie.

 

La surdité est due à une destruction des cellules ciliées de l'oreille interne par une puissance sonore très élevée. Les sons aigus sont les plus dangereux. Les fréquences aiguës de l'audition sont touchées en premier. Si la baisse d'acuité auditive concerne des fréquences inférieures à 4.000 Hz, la compréhension de la parole devient difficile...

 

Les acouphènes correspondent à des sifflements ou des bourdonnements permanents, entendus dans l'oreille ou dans la tête d'un seul ou des deux côtés, en l'absence de source sonore extérieure. Ils correspondent à l'émission d'un signal nerveux anormal au niveau des voies auditives, interprété comme un son lorsqu'il atteint le cerveau. Ils peuvent prendre des formes très variables : sifflements, tintements, bourdonnements... Leur degré de tolérance est fonction de leur intensité, sachant que la fatigue, l'angoisse ou la contrariété les accentuent.

 

L'hyperacousie désigne une intolérance aux bruits : c'est la perception des sons plus élevés qu'ils ne le sont en réalité. Elle est souvent due à un traumatisme auditif et peut être associée à des acouphènes.

 

 

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